Les particuliers (et pas seulement…) confondent souvent les deux taux. C’est pourquoi le Trésor Public ne communique que le taux global d’imposition et non le taux marginal qui ne touche que la dernière tranche des revenus. Toutefois ce taux est important dans le débat car il peut permettre de savoir s’il est intéressant de travailler davantage ou non : si je travaille pour 100 euros brut de plus, quelle en sera la part nette ? Avec un taux marginal de 40%, la réponse est 60 euros bien sûr. [1]
Cela dit, un taux marginal de 75% pour la dernière tranche, comme le propose le candidat socialiste François Hollande, est-il « trop » élevé ? Plusieurs aspects sont à prendre en compte, la question centrale étant celle de la sensibilité des hauts revenus au taux marginal d’imposition. Ainsi, un changement de taux marginal modifie-t-il de manière importante les comportements ? Décourage-t-il la création d’entreprises ? Incite-t-il davantage à l’évasion fiscale ?
Dans une récente colonne parue sur le site du Centre for Economic Policy Research, les spécialistes de la question, T. Piketty, E. Saez et S. Stancheva, reviennent à la lumière de leurs travaux empiriques et théoriques, sur ces différents points et expliquent pourquoi il serait possible d’aller même jusqu’à un taux marginal de 80% dans la plupart des pays de l’OCDE sans que personne d’autre que les très riches n’y perde. Ils nous rappellent également qu’avant l’ère Reagan & Thatcher, le taux marginal dépassait 70% aux Etats-Unis et en Grande Bretagne (fig.1).
Regards croisés sur l’économie



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