Regards croisés sur l’économie

L’université désorientée ?

Editorial du numéro à paraître en septembre !

lundi 17 août 2015, par La rédaction

Sans conteste, l’enseignement supérieur est moins injuste qu’il ne l’était par le passé. Tout au long du second XXe siècle, la politique d’expansion scolaire a permis à une part sans cesse croissante de jeunes générations de poursuivre des études supérieures et d’accéder à des niveaux de diplômes de plus en plus élevés. Pour autant, d’importantes inégalités demeurent.

Les parcours des étudiants sont ponctués d’injustices, et ceci dès leur orientation post-baccalauréat. Les chiffres du ministère de l’Education nationale sont sans appel : les enfants de cadres représentent 55 % des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles contre 9 % des enfants d’ouvrier.

Pour les étudiants défavorisés, les difficultés se poursuivent ensuite tout au long de leur premier cycle universitaire. Seulement 20 % d’entre eux obtiennent leur licence en trois ans, contre plus de 30 % des étudiants favorisés. En cause : orientation ratée, mais aussi difficultés financières accrues. Le phénomène du travail salarié des étudiants s’est considérablement aggravé au point qu’il concerne aujourd’hui près d’un étudiant sur deux. Les étudiants les plus défavorisés figurent parmi les plus touchés, d’autant plus que les montants des bourses sur critères sociaux sont largement insuffisants.

Sur tous ces points, il est possible de progresser. Il est possible de réduire les inégalités face à l’orientation en introduisant davantage de transparence dans le logiciel d’affectation, encore très opaque, Admission Post-Bac. Il est aussi possible de réduire ces inégalités grâce à des dispositifs ciblés fournissant davantage d’information et de suivi aux élèves défavorisés, leur permettant ainsi de faire des choix d’orientation plus éclairés.

Il est possible de réduire les difficultés financières des étudiants défavorisés avec des moyens de financement innovants, tels que les prêts publics à remboursement contingents au revenu. Avec ces prêts, gérés par l’Etat, les annuités ne sont pas définies à l’avance sur la base des sommes empruntées, mais déterminées à partir du revenu courant de l’ancien étudiant. Un des intérêts majeurs de ce dispositif est son équité : ceux qui ont les revenus courants les plus élevés – c’est-à-dire ceux qui ont le plus bénéficié du système d’enseignement supérieur – sont aussi ceux qui contribuent le plus.

Ce numéro de Regards croisés sur l’économie vous invite à la découverte des tous derniers résultats de la recherche en sciences sociales et, ce faisant, dessine des pistes concrètes et ambitieuses pour repenser notre système d’enseignement supérieur et sa place dans la société de demain.

Auteur de l’éditorial : Asma Benhenda (RCE)

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