Regards croisés sur l’économie

L’assurance maladie publique (1/3)

Une peau de chagrin ?

mardi 26 octobre 2010, par Grégoire de Lagasnerie

Que nous révèlent les derniers chiffres des comptes nationaux de la santé rendus publics le 16 septembre dernier ? Que, derrière l’apparente stabilité de la couverture de l’assurance maladie obligatoire (75,5% pour 2009), la prise en charge publique des soins s’effrite pour la majorité de la population française.

Les derniers chiffres présentés par les dossiers (p.73) de la Direction de la recherche, des études et de l’évaluation des statistiques (DREES) présentent en effet une innovation, passée largement inaperçue.

Pour la première fois, la part des dépenses de santé remboursées par la Sécurité sociale est explicitement décomposée en deux : la part des dépenses de santé prises en charge pour les patients atteints de pathologies lourdes, souffrant d’une maladie classée comme « affection de longue durée » (ALD) - 14% de la population ; et celle qui est effectuée pour le reste de la population, majoritaire (86 %).

Il apparaît ainsi nettement que les soins de ville (soins ambulatoires (médecins, dentistes, auxiliaires médicaux, analyses médicales et les cures thermales) et la consommation des biens médicaux (médicaments, optiques, prothèses, orthèses, véhicules pour handicapés, petits matériels et pansements)) ne sont pris en charge qu’à hauteur de 55% pour la majeure partie des français !

Ce nouvel indicateur nous permet d’aller au-delà du chiffre largement diffusé du taux de remboursement global des dépenses de santé par la Sécurité sociale et l’Etat. En effet, ce dernier n’a pas bougé depuis plus de 25 ans (il était de 76,5% en 1985 contre 75,5% aujourd’hui), alors qu’il cache de grandes disparités.

Ainsi, pour 86% de la population française, 32% des dépenses de santé sont remboursées par les organismes complémentaires - qui jouent une part croissante dans notre système de santé, et 13% des dépenses restent à la charge des individus.

Que penser de cette évolution des lignes de partage entre Sécurité sociale, complémentaires santé et participation directe des individus à leurs dépenses de santé ? Faut-il s’en réjouir ou bien le déplorer ? Autant de questions qui feront l’objet d’un prochain post !

En attendant, nous ne pouvons que nous réjouir de la publication de ce nouvel indicateur, qui permet d’éclairer sereinement à qui bénéficie en priorité les remboursements de la Sécurité sociale.

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