Regards croisés sur l’économie

Filles-Garçons, la « conquête de l’espace » commence dès la cour de récréation

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dimanche 8 février 2015, par La rédaction

A l’occasion de la diffusion de la première émission de RCE sur Trensmissions, : retour sur ce que sont devenus les ABCD de l’égalité.

Un ersatz des ABCD de l’égalité ?

Une tribune publiée le mois dernier par Mediapart, rédigée par des enseignant.e.s chercheurs en études de genre et cosignée par Christine Delphy (une des trois invitées de notre dernière soirée de lancement ) déplore le manque d’ambition du nouveau plan gouvernemental pour l’égalité filles-garçons. Selon les signataires, le plan d’action annoncé par Najat Vallaud-Belkacem le 25 novembre 2014 est non seulement une version appauvrie des ABCD de l’égalité, mais risquerait même d’être contre-productif : « un dispositif qui renforcera les inégalités en réaffirmant les normes de genre, ainsi que les discriminations vis-à-vis des enfants qui n’y sont pas conformes  ».

La refonte des ABCD en un « plan d’action pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école »

Ce plan succède aux ABCD, expérimentés dans 250 écoles volontaires en 2013-2014, et dont la généralisation initialement prévue pour la rentrée 2014 a finalement été abandonnée en juin 2014 suite aux contestations qu’ils avaient soulevées. Alors que les ABCD se concentraient sur les élèves de la maternelle au CM2, le nouveau plan d’action concerne toutes les classes de la maternelle au baccalauréat. Il est fondé sur trois axes :

  • la formation initiale et continue des enseignant.e.s et autres professionnel.le.s
  • l’implication des parents d’élèves – par exemple les « outils pédagogiques » en ligne s’adressent aux parents autant qu’aux enseignant.e.s.

Un recul dans la lutte contre la reproduction des inégalités par rapport aux ABCD ?

Beaucoup voient le nouveau plan d’action comme une version tronquée des ABCD, initialement censés ouvrir le débat sur la manière dont l’école produit et/ou renforce les stéréotypes de genre, et inviter les enseignant.e.s à remettre en perspective leurs modes de transmission et leurs habitudes de façon à limiter les comportements contribuant à une distinction entre le rôle des filles et celui des garçons. Le terme « genre » - ayant suscité tant de polémiques l’année passée - a d’ailleurs été soigneusement évité dans cette nouvelle version des outils pédagogiques et dans la communication ministérielle.

Mais est-ce seulement une question de vocabulaire ? Loin de là, selon les auteurs de la tribune publiée dans Mediapart. A force de trop vouloir rassurer les opposants au précédent projet, le nouveau plan d’action serait vidé de sa substance – et des concepts qui le rendaient opérant. Ils reprochent notamment à la Ministre de l’Education nationale d’avoir opté pour une définition trop neutre du « genre » - « outil conceptuel utilisé par les chercheurs qui travaillent sur les rapports entre les sexes pour démontrer tout ce qui, dans les inégalités, relève de la construction sociale » - alors que pour les auteurs, il y a un recouvrement total entre ce qui relève de la construction sociale et ce qui relève des inégalités : le genre est un concept utilisé pour étudier les processus de différenciation entre les sexes, processus d’emblée inégalitaires.

Pour poursuivre la discussion

Ecoutez l’émission de radio en ligne : Radios Croisées sur l’Économie n°1 : Filles-Garçons : la « conquête de l’espace » commence dès la cour de récréation

Dans la lignée du dernier numéro de RCE , Peut-on faire l’économie du genre ? , nous abordons la question de la lutte contre les discriminations filles – garçons à l’école maternelle et primaire. Cela rappelle la polémique survenue il y a quelques mois au sujet des ABCD de l’égalité, mais la lutte contre la discrimination et les stéréotypes à l’école dès le plus jeune âge existait bien avant la rentrée 2013, elle existe aussi ailleurs qu’en France.
Avec :

  • Chantal Simon, réalisatrice, ethnologue de formation, ayant a réalisé le documentaire « Il, Elle, Hen, la pédagogie neutre selon la Suède », diffusé sur Arte en 2013.
  • Nicole Abar, footballeuse professionnelle, fondatrice en 1996 de l’association Liberté aux joueuses, et chargée de mission pour les ABCD de l’égalité au Ministère de l’Education Nationale en 2013-2014.
  • Gaël Pasquier, maitre de conférences en sociologie à l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education. Il est membre de l’Observatoire universitaire international éducation et prévention (OUIEP) et du Laboratoire interdisciplinaire de recherche sur les transformations des pratiques éducatives et des pratiques sociales (LIRTES). Ancien professeur des écoles et directeur d’une école maternelle dans l’Académie de Créteil, il est l’auteur d’une thèse en Sciences de l’éducation portant sur les enseignant.e.s travaillant sur l’égalité des sexes / et des sexualités à l’école primaire.

Crédits : émission réalisée par Justine Knebelmann (RCE), avec la collaboration de Louise Caron et Frédéric Salin (RCE). Post rédigé par Justine Knebelmann.

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